"La peur des coups " de G. Courteline et "Mais n'te promène donc pas toute nue" de G. Feydeau.
La compagnie Les Tréteaux Bleus est une jeune troupe parisienne. Lucie Jeanne, Corinne Cotillon, Benoît Castagneyrol, Stéphane Devignes, sont tous de jeunes comédiens issus de l'école nationale de théâtre de Bourg-La-reine. Ils sont dirigés avec beaucoup de talent par l'un des premiers élèves de cet ancien conservatoire, Claude Gisbert.
Feydeau et Courteline n'ont pas eu à rougir, l'interprétation et le jeu des acteurs valaient le déplacement. On ne peut que souhaiter aux Tréteaux bleus un très joli parcours peuplé d'un succès qu'ils méritent.
Joëlle Mouledous. La Dépêche. Août 1995.
"La Marié Amarante" : Obaldia, Tristan Bernard, Satie, Tardieu. Textes de Feydeau.
Dans Amarante, il y a « marrante ». Voilà pour le ton de la pièce, ou plutôt de ce patchwork de courtes pièces, qui réunit sous la même affiche « L'homme de paille » de Feydeau, « Les coteaux du Médoc » de Tristan Bernard, « Le piège de Méduse » d'Erik Satie, « Oswald et Zénaïde », de Jean Tardieu, « Le sacrifice du bourreau », de René de Obaldia. Comme on dirait en langage speakerine, voilà une pléiade d'auteurs qui n'engendrent pas la mélancolie. Au-delà de la simple curiosité de découvrir du Satie sur scène, accompagné en direct au piano, la mise en scène ne laisse pas de répit et les acteurs s'en donnent à cur joie. Les deux heures annoncées passent très agréablement
Le Quotidien de Paris, juillet 1996
La phrase de Beaumarchais, « De toutes les choses sérieuses, le mariage étant la plus bouffonne » pourrait donner le ton de la soirée. Seul Tristan Bernard nous offre quelques minutes d'émotion au milieu d'un feu d'artifice de rires et délires. Passant allègrement d'un auteur à l'autre, Claude Gisbert et ses partenaires composent des personnages parfois grotesques, souvent loufoques, toujours hilarants.
Télérama, M. Bourcet, Mars 1997
Un zeste de Feydeau, un doigt de Tristan Bernard, une bonne mesure d'Erik Satie, un soupçon de Jean Tardieu, et une pincée d'Obaldia, tel est le cocktail de la jeune compagnie des Tréteaux bleus sous le titre « la Marié amarante ». Un mélange corsé, coloré, détonnant, qui entraîne aux confins de l'absurdie. Feydeau ouvre le jeu avec un acte burlesque à la base de quiproquo, Tristan Bernard prend le relais avec un amour naissant à l'ombre d'un malentendu cependant que Tardieu voit dans un autre malentendu le prétexte à de doux aveux. Obaldia boucle le spectacle avec sa cocasserie poétique coutumière sur un thème qui eut ravi Prévert. Si l'on peut déceler une certaine homogénéité, voire une filiation dans ces courtes pièces, Erik Satie crée la surprise avec son « Piège de Méduse » qui laisse effectivement Médusé tant cette uvre délirante et répétitive, assortie de musique et de mime, exhale un parfum suranné de surréalisme iconoclaste
On se félicitera que de jeunes comédiens sortent ainsi des sentiers battus et le fassent avec un enthousiasme qui appelle la sympathie. Ajoutons que la troupe dans son ensemble fait preuve de qualités prometteuses.
Le Parisien, André Lafargue, juillet 1996
"La demande en mariage, Les méfaits du tabac et Le jubilé" de Tchekhov.
Quand Tchekhov nous fait rire...
On ne peut pas dire qu'elles soient faciles à vivre ! Les femmes selon Anton Tchekhov sont envahissantes, volontaires, solides en un mot. Un peu trop vives au goût des hommes qui sont amenés à les fréquenter, voire à les subir, lesquels, comme par hasard, sont souffreteux, fragiles et recherchent le calme et la quiétude. C'est raté ! Un peu de misogynie dans tout cela ? Qu'importe ! Nous sommes venus pour rire et les comédiens du Tambour Royal tiennent leurs promesses.
« La demande en mariage, Les méfaits du tabac et Le jubilé » réunis en un spectacle d'une heure et quart, sont l'occasion pour les acteurs de montrer des qualités réjouissantes. Malgré leur jeunesse, ils nous font croire sans difficulté à toute cette kyrielle de personnages plus atypiques les uns que les autres.
L'enthousiasme très communicatif de Claude Gisbert, Delphine Mathieu, Stéphanie Pitoun, Benoît Castagneyrol et d'Alexandre Bourguignon appelle notre sympathie.
Le Parisien, André Fetet, août 1997.
"Le Tartuffe ou l'imposteur" de Molière.
Les Mousquetaires au Tambour Royal
C'est le mercredi 24 juin que les mousquetaires sont allés voir Tartuffe, dans une mise en scène vive, sensible et joyeuse de Claude Gisbert. Nous y avons retrouvé avec bonheur une remarquable Marie Daude (Dorine) pétillante et généreuse, entourée de Jean-Jacques Forbin, dans une superbe interprétation d'Orgon, de Katia Scarton-Kim (dans le brillant rôle de composition de Madame Pernelle) et d'une équipe aussi talentueuse que sympathique
Journal du Lions Club, Julien Spiess, juillet 1998.
Ce soir ou jamais !
Bonne idée cette relâche de la Coupe du monde. Mercredi, les spectateurs se sont apparemment précipités au théâtre et le Tambour Royal était quasi comble. Nous y avons eu le bonheur d'une représentation de « Tartuffe » sans esbroufe.
Les acteurs ne faisaient pas les pieds au mur, mais se sont contentés de dire, fort bien, les vers de Molière. Aucune vedette, mais des comédiens qui font magnifiquement leur métier, qui ont la politesse de bien se faire entendre et de nous faire croire à leurs personnages. Peu de moyens dans cette présentation : une table, une chaise, deux fauteuils (que nous aurions préférés de style Louis XIV) des rideaux noirsMais une remarquable intelligence du texte de tous les acteurs, jusqu'au plus petit rôle, et quelques trouvailles.
Le public ne s'y est pas trompé qui a fait un triomphe à cette distribution où la « Dorine » de Marie Daude avait des accents de son illustre et très ancienne devancière, Béatrice Bretty de la Comédie Française. A la sortie, une spectatrice dit à son mari « que cela fait du bien d'entendre de la belle langue française ! »
Tout était dit.
Le Parisien, André Fetet, Juillet 1998